Gérer son sommeil : une nécessité

La chronobiologie : prendre rendez-vous avec Morphée.  

Pendant le Vendée Globe JP multiplie les petites périodes de sommeil, 4 à 5 épisodes par 24 heures. Il passe donc en mer d'un sommeil monophasique à un sommeil polyphasique. Le sommeil constitué de ces courtes "siestes" réparties tout au long du nycthémère (un jour et une nuit définissent la durée d'un nycthémère) est en effet appelé sommeil polyphasique.

Pour tenter de remplacer la quantité de sommeil par la qualité, les skippers ont donc un secret : ils
parviennent à tomber directement dans un sommeil profond plus récupérateur, en bénéficiant de
l'indispensable sommeil paradoxal, ce qui lui permet d'émerger après une courte sieste en pleine forme.

Grâce au travail entrepris depuis des années avec les experts Dr D. Léger et Dr F. Duforez, Jean-Pierre connaît à présent ses portes du sommeil, c'est à dire qu'il est capable d'évaluer le moment le plus propice pour dormir. Cette conscience de ses limites et de l'importance d'une gestion la plus rationnelle possible du sommeil peut être un avantage pour tout coureur au large, et surtout sur les longs parcours en solitaire.

"En mer, les hommes sont soumis à des contraintes de durée que l'on ne rencontre nulle part ailleurs... Ainsi l'activité à bord est soumise aux exigences du bateau et malgré le bruit incessant, les mouvements violents, l'humidité permanente, il faut vivre, dormir et se nourrir..." (Dr Jean-Yves Chauve 1997.)

Que le veilleur gagne !

Le Vendée Globe est la course au large la plus éprouvante pour les organismes. Près de 90 jours en mer, seul sans assistance, avec pour uniques contacts la radio, le téléphone satellite ou une petite webcam. Seul sans assistance en mer, c'est-à-dire sans personne pour veiller sur les performances ou la sécurité à bord lorsque vous vous accordez un peu de repos. Brutalement, tout skipper va devoir passer d'une vie bien rythmée de terrien sédentaire, avec ses sept heures de sommeil par nuit, à une vie de marin nomade, où ilne dormira plus que quelques heures en fractionné, et cette révolution biologique n'est évidemment pas anodine.

JP. “La principale difficulté, c'est que l'on ne peut remplacer un rythme régulier par un autre. Si le vent change sans arrêt en direction ou en force, cela nécessite d'être à fond sur le réglage du bateau. Donc, je dors par petites tranches de dix à vingt minutes. Cela me permet de repousser les tranches de 1h15 à une autre période. J'essaie d'en garder au minimum une dans la journée. Il m'arrive aussi de dormir par sommeil flash de une à deux minutes. Dès que la situation le permet, je repars dans le rythmede trois tranches de 1h15 par jour plus deux à trois siestes de quinze minutes. Quand le vent est faible, je dors peu, car je suis sur le pont pour attraper chaque risée de vent pour sortir de la zone de calme et ne pas me faire distancer par les autres concurrents. "