L'avitaillement

 

L'alimentation en chiffres :
Entre 80 à 100 sachets quotidiens embarqués
5 000 calories par jour en moyenne
100 à 150 kg environ : poids de la nourriture embarquée
1 sachet quotidien est composé de 5 plats lyophilisés (petit déjeuner, déjeuner, diner, desserts inclus) et pour les encas : boisson énergétique, barre chocolatée, biscuits St Michel et  fruits secs.

Journée-type en terme d'alimentation à bord :

Petit déjeuner : lyophilisé muesli au lait, deux morceaux de pain avec de la confiture et du miel

Déjeuner : plat lyophilisé type agneau, pâtes bolognaise ou autre, 50 g de jambon, dessert lyophilisé gâteau de semoule

Goûter : boisson énergétique,  barre chocolatée, fruits secs, oléagineux

Diner : lyophilisé pâtes milanaises, fromage, yaourt fruits rouges

"J'ai mis dans ma cambuse..." L'alimentation à bord est une vraie problématique pour tout coureur au large, particulièrement dans la préparation des longues courses océaniques comme le Vendée Globe. Que manger pour rester en pleine forme ? Comment stocker la nourriture embarquée pour qu'elle ne surcharge pas le bateau, qu'elle se conserve et qu'elle puisse être facilement consommée, même dans des conditions difficiles ? Jean-Pierre nous livre quelques recettes dans ce domaine particulier de la préparation matérielle de la course.

« En mer, tout change. Alors que les besoins nutritifs quotidiens d'un sédentaire sont de 2 200 à 2 700 calories par jour, j'ai besoin de 5 000 calories par jour pour faire face à l'effort et aux conditions de course. Je travaille donc avec une nutritionniste qui élabore des menus correspondant à mes
besoins énergétiques, à mes goûts et à la zone géographique dans laquelle je navigue. Par exemple dans le grand Sud, dans un climat froid, on rajoute une collation le matin et le soir composée de fruits secs, oléagineux et de la viande des grisons.

Dans le domaine de l'alimentation à bord, la contrainte matérielle est double : gagner le maximum de poids et trouver des solutions pour la conservation optimale des aliments. Je privilégie à 95 % les lyophilisés,  principalement pour des problèmes de poids et de facilité d'emploi. C'est très pratique et rapidement préparé ;  il suffit de faire chauffer de l'eau dans le jetboil et d'y intégrer les produits lyophilisés.

 Pratiquement, voici comment je gère la programmation de la nourriture à bord. La nutritionniste Eve Tiollier, qui connaît mes préférences,  me propose  un nombre de menus correspondant au nombre de jours que j'ai défini pour la course. Une fois les menus déterminés, Florence, chargée de l'avitaillement au sein du Virbac-Paprec Sailing Team, commande l'ensemble des produits  et prépare des sachets journaliers (Jour 1 : matin, midi, soir etc).  Autant que je le peux, je teste avant le départ et je valide les plats embarqués.

Pour le début de course, je complète  le plus possible avec  des produits frais, pain,  salades préparées, pâtes, lardons, noix, tomates cerises, fromage, saucisson à grignoter, fruits frais.

En ce qui concerne la boisson, de l'eau désalinisée, et quelques boissons énergétiques que je consomme en fonction des manœuvres à effectuer. Pas d'alcool à bord, sauf pour célébrer une occasion particulière (Noël ou Jour de l'an) et le mythique passage du Cap Horn).  Pour le Vendée Globe, je vais emporter une petite bouteille de champagne Mumm.

Mais il ne faut pas croire que le régime à bord est complètement ascétique. Pour le moral, il est important aussi de se faire plaisir, et je trouve toujours une place à bord pour mes péchés mignons : des biscuits St Michel  et Bonne Maman, mais aussi du chocolat (de Ploemeur)  et du bon thé. »