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Arrivée de StMichel-Virbac

25.01.17. Jean-Pierre Dick sur StMichel-Virbac, a franchi ce 25 janvier à 14 heures 47 minutes et 45 seconde la ligne d’arrivée du Vendée Globe en 4ème position après 80 jours 1 heure et 45 minutes de course, devenant l’un des cinq solitaires les plus rapides autour de la planète, avec Armel Le Cléac’h, Alex Thomson, François Gabart et Jérémie Beyou. Le Niçois qui a parcouru 27 857 milles à la moyenne de 14,50 nœuds boucle le cinquième de ses six tours du monde classé (Vendée Globe et Barcelona World Race), et est le seul avec Armel Le Cléac’h, Jean Le Cam et Mike Golding à avoir terminé trois Vendée Globe.

Les premiers mots de Jean-Pierre Dick :
Bonheur
« C’est mon quatrième Vendée Globe, et ça reste une aventure hors du commun. Arriver aux Sables d’Olonne, remonter le chenal avec le sentiment d’avoir réalisé un tour du monde à ces vitesses, c’est à la fois un grand bonheur et un moment exceptionnel. »

La fin de course
« Je voyais la pétole (petit temps ; ndlr) qui arrivait, et j’étais stressé ces dernières heures. Yann (Élies) et Jean (Le Cam) qui à eux deux ont gagné six Solitaires du Figaro m’ont mis une sacrée pression… mais je n’ai rien lâché ! Franchement je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient si près sur des bateaux qui ne sont pas de dernière génération. Ce sont vraiment de grands marins et c’est un privilège de régater face à ces gars-là depuis plusieurs semaines. J’ai beaucoup appris ! »

La quatrième place
« Ce n’est pas exactement le résultat que je voulais, mais j’ai le sentiment d’avoir fait une belle course, de m’être défoncé. Les bateaux à foils sont beaucoup plus durs qu’avant au niveau humain, et puis j’ai quatre ans de plus. Il y a le bruit assourdissant, les accélérations. Et deux mois et demi, c’est long. »

Le début de course
« Ça été hallucinant. Je ne trouvais pas les manettes et je n’ai vraiment pas eu de chance. Les deux conjuguées plus le ressort qui se tendait avec Armel (Le Cléac’h) et Alex (Thomson), font que mentalement, ça été vraiment dur au début de se retrouver 12ème à 1500 milles des premiers. Je me disais « tout ça pour ça ! » Ensuite, j’ai reconstruit et trouvé le bon rythme. »

Madère
« J’ai manqué d’un brin de réussite à Madère quand je me suis fait distancer dans l’anticyclone alors que j’étais dans le paquet de tête. J’ai pris des orages, des grains. Je voyais les autres partir. Ça été dur psychologiquement ! Tu as l’impression que tout le travail de météo et de stratégie que tu as fait en salle ne sert pas à grand-chose. »

Bricolage
« C’est incroyable de boucler cinq tours du monde en course sur six ! Je ne suis pas un grand bricoleur dans la vie courante, mais j’ai appris en mer à me débrouiller, à réparer des choses qui me semblaient impossibles à faire avant. C’est une vraie satisfaction ! Avec l’équipe technique, nous sommes toujours parvenus à nous en sortir. J’ai eu peu de soucis. Je me suis fait peur une fois quand la galette (pièces permettant de rouler la voile ; ndlr) du gennaker s’est cassée. J’ai bien cru que je n’allais pas pouvoir récupérer ma voile et je suis parvenu à la rouler. J’ai eu des problèmes comme tout un chacun sur un Vendée Globe, du genre un bloqueur s’arrachant du pont, mais rien de rédhibitoire. »

Les foils
« Génial ! J’ai utilisé les foils à fond tout le tour du monde… peut-être trop par moment. J’avais choisi de faire costaud afin de les utiliser un maximum, contrairement à certains qui m’ont semblé réticents quant à leur utilisation. Foil sorti, j’étais vraiment en confiance. C’est plus que jamais l’avenir ! »

Le détroit de Bass
« Ça été assez dingue ! Je ne voulais pas aller dans la tempête, car il y avait des vents de plus de 60 nœuds… Les routages aujourd’hui permettent de faire des trucs incroyables. Tu entres les contraintes comme de ne pas vouloir de vagues supérieures à six mètres, comme de ne pas affronter de vents au-dessus de 35 nœuds… et le logiciel te propose une route très nord passant par le détroit de Bass entre la Tasmanie et l’Australie. L’avantage de cette option, est que je restais en course plutôt que de ralentir et d’attendre que ça passe. Au final, j’ai mis du charbon et ça m’a mis dans une position que je souhaitais avoir, et j’ai « largué » mes poursuivants. Mais dans le détroit sur les hauts-fonds de Bank Straight remontant à moins de vingt mètres par 35 à 40 nœuds de vent, je ne faisais pas le malin !  

Le tour du monde en 80 jours
« C’est une fierté pour un petit gars de Nice, vétérinaire de profession, de se retrouver parmi les cinq marins ayant bouclé le Vendée Globe en 80 jours ; Le Cléac’h, Thomson, Gabart et Beyou ! Je n’ai jamais lâché et au fur et à mesure que la course avançait j’ai de mieux en mieux senti StMichel-Virbac. J’ai joué sur des détails de réglages, de ballast, d’angle, j’ai pris du plaisir. En fait, il aurait fallu que je négocie avec les organisateurs pour faire un deuxième tour du monde, et là je le gagnais (rires) ! »

Le physique
« J’étais affûté physiquement et m’étais vraiment bien préparé. Les premiers jours, je me suis fait parfois un peu peur. Déjà je suis grand et ces bateaux sont quand même d’une violence incroyable. Je me suis fracassé deux ou trois fois contre les cloisons, et heureusement que j’étais bien gainé. Outre ma blessure au visage les derniers jours, j’ai connu un seul pépin - un abcès assez impressionnant – au genou comme Thomas Coville, à force de vivre à quatre pattes. J’ai pris des antibiotiques pendant quinze jours, et puis c’est passé. »

Émotion
« C’est l’un des plaisirs de cette course que de retourner un peu à l’époque de Néandertal dans ta grotte. C’est un des aspects du Vendée Globe que j’aime bien. On revient à des choses très basiques, on se réveille à n’importe quelle heure et n’importe où, il faut débrouiller une foule de problèmes, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre, et on apprend à canaliser et contenir son émotion. Il y a des montées d’adrénaline ! »

Le Vendée Globe
« J’aime vraiment cette course ! C’est long, c’est engagé. Tu te défonces. C’est une épreuve unique ! Et finir un tour du monde en solitaire, ce n’est jamais anodin. »

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